Pets-de-nonne : recette du beignet soufflé en friture
26.08.2026 — mis à jour le 27.08.2026
Un pet-de-nonne, c’est un beignet soufflé: de la pâte à choux tombée en petites quenelles dans un bain de friture, qui gonfle, se retourne d’elle-même et triple de volume avant d’être roulée dans le sucre. Rien à voir avec un chou classique dressé sur plaque et enfourné — ici, la cuisson change tout.

La même pâte, une cuisson entièrement différente
On part de la pâte à choux de base: la panade desséchée sur feu moyen, puis les œufs incorporés progressivement jusqu’au bec d’oiseau. Rien ne distingue cette pâte de celle qui sert aux éclairs, aux choux classiques ou aux religieuses. La différence du pet-de-nonne ne se joue pas dans la pâte — elle se joue entièrement dans la façon dont on la cuit.
Pourquoi c’est la friture, jamais le four
Une pâte à choux ne contient aucun agent levant: ni levure, ni levure chimique, ni blancs montés. Ce qui la fait gonfler, au four comme en friture, c’est l’eau contenue dans la pâte elle-même, qui se transforme en vapeur sous l’effet de la chaleur. Pour un pet-de-nonne, cette vapeur doit agir dans un bain d’huile, pas dans un four: c’est ce qui donne au beignet sa forme ronde et son intérieur creux, au lieu de la forme allongée et craquelée d’un chou classique.
Ce qui fait gonfler un pets-de-nonne
Dès que la quenelle de pâte touche l’huile chaude, l’eau qu’elle contient se met à bouillir de l’intérieur. La vapeur pousse la pâte encore souple vers l’extérieur, et c’est cette poussée, seule, qui fait tripler le volume du beignet. Aucun ingrédient ajouté ne joue ce rôle: c’est un mécanisme physique, le même que pour un chou au four, appliqué à un bain de friture.
Le repère de température et le repère visuel
Le bain d’huile se règle entre 170 et 175 °C. C’est la fourchette qui laisse à la vapeur le temps de faire gonfler la pâte avant que sa surface ne durcisse trop tôt. Le repère visuel confirme le réglage: la boule remonte à la surface, se retourne d’elle-même sans qu’on la touche, et dore progressivement. Si elle ne se retourne pas seule, c’est que le bain n’est pas encore à température.
Le façonnage: des quenelles, pas un dressage
On ne dresse pas la pâte sur une plaque comme pour un chou classique. On détache de petites quenelles directement au-dessus du bain, à la cuillère ou à la poche, et elles tombent telles quelles dans l’huile. Ce geste au-dessus du bain — et non sur un support avant cuisson — est ce qui distingue le façonnage du pet-de-nonne de celui de choux salés ou de choux classiques.
La cuisson pas à pas
Les pièces cuisent 4 à 6 minutes au total, le temps que la boule se retourne d’elle-même et dore sur toute sa surface. Il n’existe pas de temps par face ni de nombre de retournements normalisé: on s’en tient au repère de température associé au repère de geste — la boule qui remonte, se retourne seule, dore — plutôt qu’à un minutage fixe.
Sécurité friture
: on ne remplit jamais la casserole de friture à plus de la moitié, on ne verse jamais d’eau sur une huile qui prend feu — on coupe le feu et on couvre pour étouffer — et on ne quitte pas la pièce pendant que le bain est chaud.
Le glaçage au sucre
Une fois dorés et égouttés, les pets-de-nonne se roulent dans le sucre, encore chauds. Pas de fondant, pas de craquelin: ces finitions appartiennent au chou classique, pas au pet-de-nonne, dont la seule finition est ce roulage dans le sucre.
Si ça a raté
Trois symptômes reviennent en friture, chacun avec sa cause physique — le même mécanisme qui fait retomber un chou classique au four se retrouve ici, transposé au bain d’huile.
Le beignet est resté plat
L’huile n’était pas assez chaude: la vapeur produite par l’eau de la pâte n’a pas eu la force de faire lever le beignet avant que sa structure ne fige.
Le beignet est gras et lourd
Là aussi, l’huile n’était probablement pas assez chaude, ou la pièce est restée trop longtemps dans le bain: la pâte a eu le temps d’absorber l’huile avant que sa croûte ne se fixe.
Doré dehors, cru ou pâteux dedans
L’huile était trop chaude: la croûte s’est fixée avant que la vapeur intérieure n’ait fini son travail de gonflement.
Si ça a raté: les trois symptômes et leur cause
- Beignet resté plat: l’huile n’était pas assez chaude, la vapeur n’a pas eu la force de faire lever le beignet avant que sa structure ne fige.
- Beignet gras et lourd: huile pas assez chaude ou pièce restée trop longtemps dans le bain, la pâte a eu le temps d’absorber l’huile.
- Doré dehors, cru ou pâteux dedans: huile trop chaude, la croûte s’est fixée avant que la vapeur intérieure n’ait fini son travail.
D’où vient ce nom?
Le nom viendrait d’une légende: une religieuse qui aurait laissé échapper un bruit en préparant ces beignets. Aucune source ne permet de dater ou d’attribuer cette histoire avec certitude — c’est une légende, pas une recette codifiée ni un fait historique établi.
Les autres emplois de la même pâte
La pâte à choux ne sert pas qu’au sucré ni qu’à la friture. En version salée, elle donne des pommes dauphine (deux tiers de purée de pomme de terre pour un tiers de pâte à choux, frites) ou des gnocchis à la parisienne, pochés puis gratinés. On retrouve la même base dans les choux salés et dans la religieuse: une seule pâte, des cuissons et des montages très différents selon ce qu’on en fait.
| Préparation | Cuisson | Façonnage |
|---|---|---|
| Pets-de-nonne | Friture, 170-175 °C | Petites quenelles tombées directement dans l’huile |
| Choux classiques, éclairs, religieuses | Four | Dressés à la poche sur plaque |
| Pommes dauphine | Friture | Deux tiers de purée de pomme de terre pour un tiers de pâte à choux |
| Gnocchis à la parisienne | Pochés puis gratinés | — |
Pour aller plus loin sur la technique, nos fiches technique pâte à choux et les classiques de la pâtisserie française détaillent chaque geste. Pour une version signée d’un chef, voir les versions signature de nos pâtissiers de référence.
Allergènes
Allergènes présents dans cette recette: gluten (blé), œuf, lait. Cuisson en bain de friture.
Pour une version signée d’un chef, voir les versions signature de nos pâtissiers de référence.
Qui a testé cette recette
—
Repères de métier de la pâtisserie française — page datée et corrigée sur signalement.