La pâte à choux
26.08.2026 — mis à jour le 27.08.2026
- Rendement
- pour 35 choux
Difficulté
La pesée, en grammes
- Lait — 125 g
- Eau — 125 g
- Beurre — 100 g
- Farine — 150 g
- Œufs — 225 g
- Sucre — 5 g
- Sel — 5 g
De la pâte à choux descendent l’éclair, le chou garni, la chouquette, la religieuse, le paris-brest, le saint-honoré, les profiteroles et les gougères : une seule pâte, huit familles. Et rien n’y fait lever la pâte — ni levure, ni levure chimique, ni blancs montés. Ce qui gonfle le chou, c’est l’eau qu’il contient.
Qu’est-ce que la pâte à choux
Elle se cuit deux fois : en casserole, où le liquide, le beurre et la farine deviennent une panadeLe mélange liquide + beurre + farine, desséché sur le feu. Ce n’est pas un roux : un roux, c’est farine et matière grasse sans liquide. ; puis au four. Le mot compte : on dit la panade, jamais « le roux ». Les pages de recettes du site l’emploient sans le réexpliquer.
Au four, la vapeur qui gonfle la pièce vient de l’eau de la pâte, pas de l’eau du four : la pâte en contient environ la moitié de son poids. Cette eau se vaporise et écarte de l’intérieur une croûte encore souple. Le volume se fige quand l’amidon gélatinisé et les protéines de l’œuf coagulent.
Le ratio qui définit une pâte à choux
Il se retient en masse : liquide 5 · beurre 2 · farine 3 · œufs 4 à 4,5. C’est le premier contrôle à faire sur n’importe quelle recette reprise ailleurs — plus de farine que de liquide, ou moins d’œufs que de farine, et ce n’est plus une pâte à choux.
| Ingrédient | Ménager | Professionnel | Rôle |
|---|---|---|---|
| Liquide | 250 g | 500 g d’eau + 500 g de lait | L’eau qui deviendra la vapeur |
| Beurre | 100 g | 400 g | 40 % du liquide, un plafond d’usage |
| Farine T45 ou T55 | 150 g | 600 g | L’amidon, pas le gluten |
| Œufs battus | 200 à 225 g (4 à 4,5) | 800 à 900 g (16 à 18) | Structure et développement |
| Sel | 5 g | 15 g | 1,5 % du liquide |
| Sucre (facultatif) | 5 g | 20 g | 2 % du liquide ; il ne sucre pas |
Les ingrédients, un par un
Eau, lait ou moitié-moitié : aucune des trois n’est une faute. L’eau seule donne le développement maximal et une croûte plus craquante, le lait seul une coloration plus rapide et une mie plus fine. Le moitié-moitié est le compromis professionnel standard.
Le beurre s’emploie doux et en parcelles, jamais fondu à part : plus de gras fait s’étaler la pâte, nettement moins donne une croûte sèche. Le sucre ne sucre pas — il colore et attendrit la croûte, et au-delà d’environ 5 % du liquide il fait colorer avant que la structure ne soit prise. La farine est une T45 ou T55 ordinaire : une farine de force n’apporte rien ici.
Pesez vos œufs. Un œuf peut peser de 45 à 70 g selon son calibre : sur quatre œufs, l’écart atteint facilement 60 g, soit un quart de la quantité prévue. C’est la première cause de pâte à choux ratée. Cassez les œufs dans un bol, battez-les, et versez au poids.
La recette au point de contrôle
1. Faire fondre le beurre avant l’ébullition. Départ à froid : liquide, beurre en parcelles, sel, sucre. Si le liquide bout longtemps avant que le beurre ne fonde, de l’eau s’est déjà évaporée et la pâte sera trop ferme. C’est l’échec le plus fréquent et le plus invisible : il arrive avant même que la farine ne touche la casserole.
2. Verser la farine en une seule fois dans le liquide en ébullition franche, puis mélanger vivement jusqu’à ce que la masse se détache en boule des parois. En pluie ou en plusieurs fois, elle donne des grumeaux qu’on ne rattrape pas.
3. Dessécher 1 à 2 minutes sur feu moyen, jusqu’à ce qu’un fin film se forme au fond d’une casserole non revêtue. Dans une casserole antiadhésive ce repère n’apparaît jamais : on se fie à l’aspect lisse et brillant de la boule.
Dessécher n’est pas « cuire la farine » — et c’est ce qui change tout
L’amidon de blé gélatinise dès 52 à 66 °C en eau abondante et les protéines de la farine coagulent vers 56 °C : au contact d’un liquide bouillant, tout est fait en quelques secondes. Le dessèchement ne cuit rien — il sert uniquement à retirer de l’eau pour pouvoir en remettre sous forme d’œufs, qui apportent des protéines et une émulsion que l’eau n’apporte pas. D’où le corollaire : au-delà de 3 à 4 minutes, la panade « rend le beurre », elle graine et absorbe moins d’œufs.
4. Laisser redescendre sous 60 °C avant le premier œuf. Le blanc commence à prendre vers 62 °C, les protéines du jaune vers 65 à 70 °C : un œuf versé dans une panade brûlante coagule en grains, et la pâte est irrattrapable.
5. Incorporer les œufs progressivement, le dernier au jugé. La quantité de la recette est un maximum indicatif : elle dépend de ce qui s’est évaporé au dessèchement.
Le nombre d’œufs est une indication, pas une règle. Selon la taille de vos œufs et la quantité d’eau évaporée pendant le dessèchement, il vous en faudra un peu plus ou un peu moins. Ajoutez-les un par un, et arrêtez-vous quand la pâte forme un « bec d’oiseau » : soulevée à la spatule, elle retombe lentement en une pointe souple. Autre repère : un sillon tracé du doigt dans la pâte doit se refermer lentement, sans disparaître complètement.
Une pâte trop liquide ne se rattrape pas à la farine : ajouté à froid, l’amidon ne gélatinise pas et laisse un goût de cru. La seule parade est d’incorporer une seconde panade sans œufs.
Le dressage

La douille se choisit selon la pièce : unie de 10 à 14 mm et tenue verticale pour un chou ; cannelée et longue de 12 à 14 cm pour un éclair, où la cannelure répartit la poussée de vapeur au lieu de décorer ; couronne de 16 à 22 cm pour un paris-brest. Le geste est détaillé sur le geste de dressage à la poche.
On dore à l’œuf entier battu, au pinceau, sans couler sur les bords : une dorure qui coule colle la pièce à la plaque et bride son développement. Un chou triple à peu près de volume, d’où l’espacement d’au moins un diamètre, sur une plaque froide. Les choux crus dressés se congèlent et se cuisent sans décongélation.
La cuisson
| Pièce | Température | Durée indicative |
|---|---|---|
| Chouquettes / petits choux (Ø 3-4 cm) | 180 °C | 20 à 25 min |
| Choux garnis (Ø 5-6 cm) | 180-190 °C | 30 à 35 min |
| Éclairs (12-14 cm) | 180-190 °C | 35 à 40 min |
| Couronne paris-brest (Ø 18-22 cm) | 180 °C | 40 à 50 min |
| Gougères | 190-200 °C | 25 à 30 min |
| Pets-de-nonne (friture) | 170-175 °C d’huile | 4 à 6 min |
Les températures indiquées valent pour un four à chaleur statique. En chaleur tournante, retirez 10 à 20 °C. Les fours ménagers affichent rarement leur vraie température : si vos choux colorent trop vite ou pas assez, c’est votre four qu’il faut ajuster, pas la recette.
Le verre d’eau posé au fond du four est à écarter : il ajoute de l’humidité au moment où il faudrait sécher. On ne « met pas de buée » à une pâte à choux comme à une baguette — on retient l’humidité qu’elle dégage elle-même, en n’ouvrant pas la porte.
N’ouvrez pas la porte du four pendant les 20 premières minutes. C’est la vapeur contenue dans la pâte qui fait gonfler les choux : ouvrir fait chuter la température et évacue cette vapeur d’un coup, et la pièce s’affaisse sans jamais remonter.

Fiez-vous à la couleur, pas au chronomètre. Vos choux sont cuits quand les fentes entre les craquelures sont aussi dorées que le dessus et que la pièce est légère en main. Un chou bien bombé mais encore blond dans ses creux est cru : il retombera en refroidissant. Si vous hésitez, laissez cuire 5 minutes de plus.
On débarrasse sur grille, jamais sur la plaque : la vapeur du dessous ramollit le fond. Un chou se garnit froid et le jour même.
Pourquoi ça rate
| Symptôme | Cause | Correction |
|---|---|---|
| Choux plats, pas gonflés | Pâte trop liquide : œufs trop gros, ou beurre non fondu avant l’ébullition | Peser les œufs, s’arrêter au bec d’oiseau |
| Pâte granuleuse | Panade encore trop chaude au premier œuf | Redescendre sous 60 °C avant de démarrer |
| Choux retombés, four jamais ouvert | Sous-cuisson : croûte pas assez sèche dans les fissures. C’est la cause n° 1, avant l’ouverture du four | Juger à la couleur dans les creux, prolonger par tranches de 5 min |
| Craquelures irrégulières, peu de volume | Pâte trop ferme : trop desséchée, ou pas assez d’œufs | S’arrêter au film au fond de la casserole, pousser les œufs jusqu’au sillon lent |
| La pâte ne fait pas de boule | Farine versée en pluie ou en plusieurs fois | La verser en une seule fois, en ébullition franche |
| Dessus doré, dessous cru | Plaque trop chaude à l’enfournement | Enfourner sur une plaque froide |
Ce qu’on fait avec cette pâte
- faire un éclair — un bâton de 12 à 14 cm à la douille cannelée, garni et glacé au fondant.
- le chou classique garni — la pièce ronde à la douille unie, garnie froide.
- les chouquettes, sans garniture — sucre en grains posé après la dorure, avant la cuisson.
- le paris-brest en couronne — deux cercles côte à côte et un troisième par-dessus.
Elle n’est pas seulement sucrée : sans sucre et avec du fromage, elle donne les gougères ; en friture, les pets-de-nonne, qui triplent de volume dans l’huile — la preuve la plus nette que le développement du chou ne doit rien au four.
Allergènes et garnitures
Allergènes présents dans cette recette : gluten (blé), œuf, lait.
La garniture la plus courante est la crème pâtissière qui les garnit, avec son propre point de contrôle détaillé sur sa page : elle doit bouillir une à deux minutes en fouettant sans arrêt, sinon l’enzyme du jaune la liquéfie en quelques heures au froid.
Ce qu’on ne sait pas
Les limites de cette page, dites en clair
Votre four n’est pas celui d’à côté. Les repères valent pour un four ménager à chaleur statique, 10 à 20 °C de moins en tournante. L’écart réel entre deux fours de marques différentes n’est chiffré nulle part : aucune température ni durée de cette page n’est universelle.
Vos œufs ne sont pas ceux de la recette. Deux calibres d’écart sur quatre œufs, c’est jusqu’à 60 g. D’où les grammes, et le nombre entre parenthèses : aucun nombre fixe ne vaut pour tout le monde.
Votre douille et votre plaque ne sont pas les nôtres. Aucune règle générale ne couvre tous les diamètres ni tous les formats de plaque : pour le détail, voyez la page de la pièce concernée.
Il n’existe pas de « vraie » pâte à choux. Aucune recette de pâtisserie française n’est codifiée par un texte officiel : ce qui est décrit ici est une référence de métier partagée, pas une norme.
Aucune donnée nutritionnelle n’est disponible ni recherchée, et il n’en sera pas inventé.
Un raté qu’aucune ligne du tableau ne décrit : contact@pateachou.fr.
Pourquoi ça rate
Choux plats — Pâte trop liquide (œufs trop gros, ou beurre non fondu avant ébullition). Peser les œufs, s'arrêter au bec d'oiseau
Choux retombés — Sous-cuisson : croûte pas assez sèche dans les fissures (cause n°1, avant l'ouverture du four). Juger à la couleur dans les creux, prolonger par tranches de 5 min
Pâte granuleuse — Panade encore trop chaude au premier œuf. Faire redescendre la panade sous 60 °C
Repères de métier de la pâtisserie française — page datée et corrigée sur signalement.